Je pris l’eau dans mes mains

MERCREDI 14 AVRIL | à partir de 18h45
EN LIGNE JUSQU’AU 21 AVRIL | TOUT PUBLIC | 14 minutes 33

Court métrage contemplation Je pris l'eau dans mes mains

Mise en scène/Réalisation : Sibylle Bonnefoy
DMA Cinéma d’animation de Cournon-d’Auvergne

Court-métrage | Contemplation

Comédiens : Bressolier Clémence et Perret Victor
Chef opérateur : Pinoy Nathan
Ingénieur son : Laroche Jonathan
Chef monteur : Morard Arthur
Maquilleuse : Ranker Zoé

RÉSUMÉ

Voici le chemin de l’eau vivante, la vie qui danse en mille formes, un rêve qui s’étire, un temps sans mesure… Les images, les lieux et le vent s’appellent, dansent, et se répondent. C’est une eau simple, longue, lente, et passagère. L’eau que seul le regard sait recueillir, on ira par la plaine, la Terre, des creux d’arbres et des recoins de nuits, une sorte de forêt ou de mer.

HISTORIQUE DU PROJET

Ce projet a remporté le 1er prix national du concours Crous 2019-2020 sur le thème l’Alchimie.

NOTE D’INTENTION

Point de départ, le bleu. C’est un bleu outremer, pour sa profondeur, et ses rayonnements. Il y a cet instant bleu qui laissa trace en moi, dans Kirikou et la sorcière, avec le Sage, le vieux père de tous, dans le cœur bleu de la montagne. Toutefois, aucun émerveillement ne livrera son nom, et je peux seulement savoir combien cette couleur me fascine. Pour l’heure, j’irai à travers la création de ce film sans idées ni points d’arrivée dans l’esprit. Créer comme accompagnée de son âme et des mouvements de la danse du monde. J’ai mes yeux, mes mains, auprès d’eux un morceau de bleu qui peut bouger, des strates de verre qui savent laisser la lumière passer, à travers la peinture, un appareil pour prendre des photos, un ordinateur pour les assembler simultanément et me laisser percevoir le rythme qui se fabrique. Le Silence, dont j’aurais besoin, pour entendre les musiques. Il m’apparaît profondément nécessaire de laisser notre regard retourner à l’essence, premier état de la matière qui s’offre et que nous sommes. L’image de la vie modelée depuis l’argile. Où les pleins et vides sont totalement ensemble et nécessités. Du creux naît le relief. Et chacun d’eux, tous égaux, sont des formes intérieures. Tout comme le présent est cet instant infini et infime entre le futur et le passé, tout comme nos yeux et corps sont pour sentir, pour être. Dans mon travail du mémoire, j’ai beaucoup cherché tout autour de l’essence des choses. Les choses en un monde. Et la peinture bleue, de ses sombres lieux à de blancs et brillants éclats, comme un monde, comme toutes choses, un Tout. Le Temps de l’essence comme tous temps réunis. Invisiblement, les temps allant et venant à travers la maison, les pièces, portes et fenêtres, cette maison où nous sommes. J’ai appris et ouvert des mots que mon corps connaissait avant moi, et j’ai appris à considérer la vie dans sa multidimensionnalité. Je veux chercher, comme méditant, à travers le processus de créer ce film. Chaque moment dans le chemin aussi précieux que ceux qui le précédèrent et ceux qui le dépasseront. Je vivrais pendant ces trois mois avec cette peinture bleue, et les possibles : choses qui peuvent devenir, et allons voir ce qui viendra au monde. Les images échoient, comme des visions, comme des souvenirs de temps enfuis. Il y a les animaux – oiseaux et loups – et de blancs visages. Il y a les montagnes douces, et les rivières d’herbe, comme fourrures. De nombreux silences, nuits et lumières. Et les mots comme étoiles, pluie, et feu, grandissant depuis l’herbe. J’espère mon film, comme le poème, pouvoir devenir vide et plein à la fois. À la fois les mains et l’eau au dedans et la fugue du temps dans les mains et l’eau. J’espère les mots pouvant vivre et demeurer avec la peinture, et le film comme rivière ouverte à l’au-delà de ses rives. L’histoire est histoire du Temps, et celui qui regarde n’y verra que la matière être (et en étant, elle bouge, apparaît, disparaît, chante et fui). La question : comment les choses se donnent-elles la main comme les fins fils de la toile d’araignée ? Comment les images trouveront-elles un sentier pour s’unir ? Répondre : à travers le regard. Le besoin d’emmener les branches, vers les cieux du vide. La recherche, vol vers la profondeur, est lieu des yeux, depuis celui qui crée vers celui qui verra. Voir comme un geste actif, part active du spectateur, part entière. Ne jamais recevoir les images, mais aller au travers, comme le vent dans cette chère toile. Il y a des eaux infinies dont je vais à la rencontre, à travers ce film, à travers toutes pluies à venir dans mes temps.