Monotonie solaire

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de Fanny Thomas
ESAD-TALM d’Angers

Photographie

RÉSUMÉ

«Monotonie solaire» est cette douce tristesse des jours heureux, du temps qui passe et de ses silences. C’est l’histoire d’une présence au monde, d’une journée un peu trop longue. Le soleil peine à se coucher, comme le son des vagues qui peine à s’arrêter. L’atmosphère devient sourde et pesante, comme si la nuit n’allait jamais exister. Comme si cette journée ne pouvait jamais se terminer.
«Monotonie solaire» est une errance contemplative entre sentiments éprouvés, obstinés et rêvés. L’ensemble d’images restitue la sensation d’une nostalgie tenace qui peine à s’évanouir au fin fond des souvenirs, pour nous conter l’histoire d’une latence. Le bleu d’un chagrin noyé dans l’étendue de ces souvenirs de l’océan pour combler l’attente. Des paysages froids et solitaires pour se remémorer les chaleurs de la chair. L’embellie, suivie de la lumière, pétrifie jusqu’à l’anesthésie, les ressentiments d’une vision à demi rêvée. Ces images, qui relatent différentes perceptions d’un même souvenir, comme pour l’adoucir ou le filtrer, ont été assemblées soigneusement, avec le temps, comme pour ne plus distinguer le passé du présent. Les photographies ont été réalisées entre 2018 et 2020.

DESCRIPTIF DE LA PRATIQUE ARTISTIQUE

Je suis une jeune photographe qui vit et travaille entre Angers et Paris. Après un parcours scolaire artistique orienté dans les arts graphiques et visuels, j’ai obtenu un bac professionnel Artisanat et métiers d’arts option Communication visuelle et plurimédia, j’ai passé une année à l’université de Lille en licence d’arts plastiques. Je suis diplômée du Diplôme national d’art en septembre 2020, par l’ESAD TALM d’Angers, avec les félicitations du jury. Je poursuis actuellement mes études en quatrième année, sous la direction de Laurent Millet, dans l’objectif d’obtenir le diplôme national supérieur d’expressions plastiques. Je suis sensible aux arts visuels depuis mon adolescence, c’est à travers la pratique de l’image photographique qu’il me semble avoir trouvé mon terrain de jeu. Je n’ai jamais pris des cours techniques de photographies, un peu comme un autodidacte, j’ai construit mon regard seule en parallèle de ces études qui m’ont sensibilisé à diverses formes d’arts. Guidé par mes intuitions contemplatives, j’évolue au cœur d’une errance photographique poétique à la frontière de la réalité.

Je fais principalement de la photographie numérique et argentique. Certaines prises de vue sont totalement imaginées, dessinées, puis photographiées. D’autres sont prises au fur et à mesure de mes voyages, de manière très intuitive et instinctive. D’autres encore sont le fruit de manipulation en postproduction (après la prise de vue). J’aime mélanger les procédés photographiques pour créer des images qui me semblent singulières.

Je photographie à la recherche de ces rayons lumineux qui se déposent délicatement sur une surface, la transparence des eaux, le brouillard qui crée le lointain. Comme à la recherche de ces paysages imaginaires persistants. Mon territoire artistique se dessine au fur et à mesure, en quête de ces choses que l’on aperçoit, ces choses hésitantes, ces choses glacées, figées, sculptées, ou encore conduis par ces nuances colorées qui s’évanouissent à la tombée de la nuit ou lors de ces levés du jour engourdis. S’il y avait un contexte, ce serait sans doute pour fuir cette « monotonie » du monde.